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13.12.2007

Quand la droite gouvernementale française oublie ses valeurs...

  

voici un article intéressant et pertinent extrait du journal désormais disponible en kiosque Présent 

Le droit du mariage relégué à la sphère privée

Le gouvernement envisage de supprimer le recours au juge judiciaire pour les divorces par consentement mutuel et de les confier aux notaires afin de remédier à l’engorgement de la justice, selon un rapport du ministre du Budget et des Comptes publics Eric Woerth.

Selon le ministre, cette mesure pourrait entrer en vigueur « dans les mois qui viennent ». Déjà évoqué par Lionel Jospin, elle s’inscrit dans la funeste logique de la précédente et toute récente réforme, qui avait déjà considérablement allégé les procédures en matière de divorce : la loi du 1er janvier 2005 avait notamment réduit de deux à un le nombre des passages nécessaires devant un juge pour le prononcé d’un divorce par consentement mutuel.

Par ce nouveau palier, on achève(rait) de faire passer le mariage du droit public au droit privé, le rapprochant ainsi du pacs (où il est très aisé de rompre). Le mariage n’est plus qu’un contrat révocable à merci, perdant complètement son statut d’institution naturelle, indissoluble. D’une affaire politique, la famille est devenue une affaire privée, le droit de la famille disparaissant au profit du droit de l’individu à la famille de son choix : à chacun sa famille ! Sous le faux prétexte de son incompétence (sa neutralité, son laïcisme...) en matière de morale, l’Etat se désengage toujours plus de cette cause nationale (la plus nécessaire au bien commun), assimilant socialement l’union la plus commune et la plus naturelle (la vraie famille) avec d’autres « modèles » pluri, mono, homo-parental… (cf. chapitre 10 du Livre noir de la culture de mort, aux éditions Renaissance catholique).

A l’image de l’annonce par Nicolas Sarkozy et Cécilia de leur séparation par consentement mutuel, cette réforme que projette aujourd’hui le gouvernement se place évidemment dans un contexte de « banalisation » à outrance de la chose, où l’on évoque, comme toujours, l’air du temps et l’évolution des mœurs. « Ira-t-on plus loin demain ? demande Didier Pobel du Dauphiné libéré. Certains pays n’ont pas hésité. Au Québec et en Belgique, on peut, paraît-il, divorcer sur internet. D’un seul coup de souris. Mais, bah !, le modernisme a tout de même ses limites. Et puis imagine-t-on un instant Brel chanter “Ne me clique pas…” ? »

On rit là où il faudrait pleurer. Car, pas plus que du syndrome post-avortement, on ne parle du syndrome post-divorce qui touche premièrement les enfants mais aussi les parents mariés. On emploie au contraire le mensonge et la même dialectique perverse que pour l’« IVG médicamenteuse [sic] » : « Pour les usagers [resic], c’est une procédure plus simple, plus rapide et moins traumatisante. Pour la justice, c’est plus de temps à consacrer aux affaires les plus complexes », ose déclarer Eric Woerth, comme l’avait fait Philippe Douste-Blazy (puis Roselyne Bachelot) pour la pilule de la mort. Après l’avortement à domicile, le divorce à domicile : roulez, roulez suppôts de la culture de mort !

Cette ignoble annonce arrive le jour même où est publié le message de Benoît XVI à l’occasion de la Journée mondiale de la paix du 1er janvier 2008. Avec ce principe essentiel (souligné par le Salon beige) contre lequel ne cesse de s’attaquer frontalement le gouvernement Sarkozy, dans le silence affligeant de ses soutiens « cathos » : « Celui qui, même inconsciemment, entrave l’institution familiale rend fragile la paix dans la communauté tout entière, nationale et internationale, parce qu’il affaiblit ce qui, de fait, est la principale “agence” de paix. »

REMI FONTAINE

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